Former dans une coopérative d’entreprises indépendantes pose des enjeux spécifiques en matière de formation professionnelle : alignement des acteurs, cohérence des pratiques, ou encore, lisibilité de l’investissement.
Au sein de E.Leclerc, qui réunit plus de 700 entreprises adhérentes, la formation doit concilier un cadre commun et une forte autonomie locale. Le déploiement d’ADELE (Apprentissage à Distance E.Leclerc), la plateforme de formation du mouvement E.Leclerc construite avec la technologie Rise Up, constitue un cas concret de structuration de la formation multisites dans une coopérative : gouvernance partagée, animation des adhérents et pilotage du ROI formation à l’échelle du collectif.
Dans une coopérative comme E.Leclerc, chaque entreprise adhérente reste pleinement indépendante dans ses choix RH et formation. Les niveaux de maturité digitale, les priorités opérationnelles et les besoins métiers varient donc fortement d’un point de vente à l’autre.
La formation s’inscrit dans une culture très terrain, historiquement marquée par le présentiel et la transmission informelle. Dans ce contexte, un dispositif de formation ne peut produire d’impact que s’il est immédiatement applicable et utile.
Comme le résume Annabelle Amblard, Directrice Learning & Development du Mouvement :
« Ce qui fonctionne, c’est ce qui est utile, simple et adopté localement. »
Cette réalité explique pourquoi la formation multisites en coopérative ne peut pas être pensée comme un simple déploiement d’outil, mais comme un projet d’alignement entre entreprises indépendantes.
Avant ADELE, l’offre de formation reposait sur une accumulation d’outils et de plateformes. Les contenus étaient disponibles, mais dispersés entre différentes entités, ce qui limitait leur visibilité et leur appropriation.
« On avait beaucoup de contenus, mais personne ne savait vraiment où les chercher, ni comment s’y retrouver », souligne Annabelle Amblard.
Pour répondre à cette dispersion, E.Leclerc fait le choix d’une plateforme de formation unique, pensée comme un socle commun au service des entreprises adhérentes.
Ce choix repose sur plusieurs objectifs clairs :
La plateforme ne vise pas à uniformiser les pratiques, mais à structurer un cadre partagé.
ADELE devient ainsi un repère pour l’ensemble de la coopérative. Une marque formation identifiable, qui facilite l’accès aux contenus et renforce la cohérence du dispositif.
Comme l’explique Frédéric Hébert, Chief Learning Officer chez Rise Up :
Dans une coopérative d’entreprises indépendantes, la conduite du changement repose sur la démonstration de valeur et non sur l’autorité hiérarchique.
La démarche engagée par E.Leclerc s’appuie sur :
La plateforme devient ainsi un outil de structuration collective, au service des entreprises adhérentes.
L’adoption de la plateforme repose sur une animation continue de la formation au sein de la coopérative. Un dispositif de référents ADELE est progressivement structuré. Ces acteurs jouent un rôle clé dans :
Sans lien hiérarchique direct, la fonction formation adopte une posture d’animation et de coordination.
Pour concilier cohérence et pertinence métier, la production de contenus s’organise autour de trois niveaux :
Un kit spécial permet de structurer cette création locale grâce à des templates, des tutoriels et des parcours prêts à l’emploi. Cette approche facilite l’appropriation de la plateforme et renforce l’engagement des équipes.
Dans une coopérative d’entreprises indépendantes, la formation doit pouvoir être pilotée comme un investissement. E.Leclerc adopte un modèle par abonnement annuel, donnant accès à l’ensemble de la plateforme.
Les tableaux de bord croisent indicateurs pédagogiques et financiers. Les heures de formation sont traduites en valeur économique, afin de comparer l’abonnement payé à la formation effectivement consommée.
« Quand la valeur est visible, tangible et chiffrée, la formation devient un investissement, pas un coût », souligne Annabelle Amblard.
Le cas E.Leclerc met en évidence plusieurs enseignements clés pour les organisations multisites organisées en coopérative :
Former au sein d’une coopérative d’entreprises indépendantes implique de penser la formation comme un levier collectif, au service de l’autonomie de chaque adhérent. Le cas E.Leclerc montre qu’une plateforme de formation peut jouer ce rôle, à condition d’articuler gouvernance, animation et pilotage du ROI.