Marché de la formation professionnelle en 2025 : chiffres, tendances et perspectives 2026
12 minutes of reading | 14/01/2026
Le marché de la formation professionnelle en France connaît une phase d’ajustement rapide. La pression sur les compétences s’accélère, les technologies, et en particulier l’IA, modifient les pratiques, tandis que les collaborateurs attendent des parcours plus utiles, plus courts et mieux intégrés au quotidien.
Les chiffres issus des enquêtes 2025 confirment un mouvement déjà visible depuis deux ans : l’apprentissage devient un comportement professionnel permanent et la formation se transforme d’un dispositif à un système centré sur l’acquisition rapide des compétences.
Comme le résume Frédéric Hébert, Chief Learning Officer chez Rise Up : « La valeur de la formation ne se mesure plus en volume, mais en vitesse d’acquisition des compétences. »
Les chiffres clés du marché de la formation
Selon le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum, 39 % des compétences actuelles seront transformées ou obsolètes d’ici 2030 et 44 % des compétences utilisées aujourd’hui seront disruptées sous cinq ans. Le marché de la formation évolue donc dans un contexte où la durée de vie d’une compétence diminue, où les métiers se transforment plus vite et où les organisations doivent absorber des ruptures de plus en plus rapprochées.
Les chiffres des baromètres français confirment cette dynamique :
- 98 % des salariés considèrent la mise à jour de leurs compétences comme un enjeu clé
- 86 % se forment via leur entreprise
- 65 % identifient la formation continue comme la modalité la plus efficace pour développer leurs compétences
- 69 % des actifs se disent désormais « acteurs de leur montée en compétences »
- 38 % ont suivi une formation liée à l’IA dans les douze derniers mois
- 51 % envisagent un changement d’emploi, dont un tiers dans les deux ans
Sources :
- Baromètre de la Formation Professionnelle 2025 d’Edflex
- Baromètre de la Formation et de l’Emploi 2025 de Centre Inffo.
Cette configuration fait évoluer les attentes : la formation ne doit plus seulement accompagner, elle doit anticiper.
Comme le souligne Frédéric Hébert :
« Les métiers ne disparaissent pas du jour au lendemain. En revanche, les compétences, elles, évoluent en continu. La formation doit désormais se synchroniser avec le rythme réel des transformations. »
Un marché de la formation qui évolue en 2025
Un équilibre entre présentiel et digital learning
Le Baromètre de la Formation 2025 d’Edflex indique une nette recomposition des modalités : 65 % des entreprises combinent présentiel et distanciel, contre 48 % en 2024, signe d’un rééquilibrage après plusieurs années centrées sur le tout-digital. Cette hybridation répond à une double demande : efficacité pédagogique d’un côté, flexibilité opérationnelle de l’autre.
La formation continue devient la norme
Les salariés considèrent de plus en plus la formation comme une activité régulière plutôt qu’un événement ponctuel. L’étude Edflex montre qu’ils sont 65 % à estimer que la formation continue est indispensable pour accéder aux meilleures ressources, contre seulement 51 % en 2024. Cette évolution traduit une transformation du lien entre formation et performance de travail.
Les grandes tendances du marché de la formation professionnelle
Les soft skills : le nouveau socle de compétitivité
Le Baromètre Soft Skills 2025 de Lefebvre Dalloz montre une évolution claire : les compétences comportementales ne sont plus perçues comme des « compléments » mais comme un socle essentiel.
Les cinq soft skills jugées les plus critiques sont :
- l’adaptabilité
- la communication
- la pensée critique
- la résolution de problèmes
- la capacité d’apprentissage continu
Elles répondent à deux réalités :
- la montée en puissance de l’IA,
- la complexité croissante des environnements professionnels.
Frédéric Hébert résume cette bascule :
« Ce qui crée la valeur aujourd’hui n’est plus seulement la maîtrise d’un outil ou d’un logiciel, mais la capacité à comprendre, décider et collaborer dans des environnements mouvants. »
L’IA dans la formation : une adoption rapide, mais encore inégale
Les usages de l’IA se généralisent, mais la maturité varie. Selon le Baromètre national de l’IA appliqué aux RH de Parlons RH :
- 83 % des professionnels RH utilisent l’IA à titre individuel
- 62 % des entreprises intègrent déjà l’IA dans leur recrutement
- 47 % l’emploient dans les actions de formation
Le Baromètre de la Formation 2025 de Rise Up révèle une adoption contrastée de l’intelligence artificielle côté équipes de formation :
- 53 % créent des contenus avec l’IA
- 33 % automatisent certaines tâches
- 21 % seulement personnalisent réellement les parcours
Les freins identifiés sont constants :
- manque d’acculturation (57 %)
- protection des données (80 %)
- qualité des données (41 %)
Malgré cela, les gains générés grâce à l’intelligence artificielle sont immédiats dans quatre domaines clés :
- production accélérée de modules
- curation intelligente
- cartographie des compétences
- mesure de l’impact
Comme le dit Frédéric Hébert :
« L’IA ne remplace pas les équipes formation, elle leur fait gagner du temps et de la précision. Elle transforme la formation en un dispositif plus réactif, plus individualisé et directement connecté au travail réel. »
Le time-to-skill : l’indicateur qui s’impose en 2025-2026
Le Baromètre de la formation 2025 de Rise Up montre un paradoxe :
- les collaborateurs ne disposent en moyenne que de 25 minutes par semaine pour apprendre
- alors que 44 % des compétences sont amenées à évoluer sous cinq ans.
Dans ce contexte, un nouvel indicateur émerge : le time-to-skill, c’est-à-dire le temps nécessaire pour atteindre une compétence opérationnelle. Il répond à un besoin clair : mesurer la rapidité avec laquelle une organisation transforme une exigence métier en compétence opérationnelle.
Le Baromètre montre que seules 22 % des entreprises suivent aujourd’hui ce KPI. Or, le time-to-skill répond précisément à trois enjeux majeurs auxquels les organisations sont confrontées.
- La pertinence des contenus
Plus de 56 % des responsables formation estiment que la personnalisation accélère la montée en compétences, ce qui confirme le lien entre qualité des contenus et réduction du time-to-skill. - L’efficacité pédagogique
Les organisations qui déploient l’Adaptive Learning constatent une diminution du time-to-skill pouvant atteindre 37 %, un atout majeur dans un contexte de temps d’apprentissage réduit. - La capacité d’absorption du changement
Alors que seuls 30 % des dirigeants approuvent la majorité des initiatives formation et que 32 % expriment encore des doutes sur le ROI, le time-to-skill devient un indicateur lisible pour les Comex : il mesure un délai, donc une capacité d’exécution.
Frédéric Hébert le formule ainsi :
« Le time-to-skill parle la langue du Comex. Il relie directement formation et performance opérationnelle. »
Adaptive learning : personnaliser enfin à l’échelle
L’Adaptive Learning s’impose en 2025 comme l’un des leviers les plus performants du digital learning. Le Baromètre Rise Up 2025 montre une double dynamique :
- d’un côté, 59 % des organisations ont déjà amorcé son déploiement
- de l’autre, 95 % des responsables formation saluent son impact positif sur la montée en compétences et la performance.
Son efficacité repose sur une promesse simple : ajuster automatiquement la progression, la durée et le niveau de difficulté en fonction de chaque apprenant. Dans un contexte où les équipes consacrent moins d’1 % de leur temps hebdomadaire à la formation, la personnalisation devient un avantage net.
Les résultats mesurés sont significatifs :
- l’Adaptive Learning peut réduire le Time-to-Skill jusqu’à 37 %
- les parcours recommandés obtiennent +93 % d’engagement
- et le blended learning associé atteint 95 % de taux de complétion
Pour Frédéric Hébert :
« L’adaptive learning permet d’apporter à chaque collaborateur ce dont il a réellement besoin, au moment où il en a besoin, sans surcharge inutile ». Une approche « juste », qui accélère la progression tout en rendant l’expérience plus pertinente pour l’apprenant.
Un LMS intégré pour restaurer l’engagement apprenant
Les baromètres 2025 convergent sur un point clé : l’engagement apprenant dépend fortement de la capacité des outils de formation à s’intégrer dans l’environnement de travail.
Le Baromètre de la formation 2025 de Rise Up montre que les responsables formation utilisent en moyenne sept outils différents pour créer, diffuser et suivre la formation. Cette fragmentation nuit directement à l’expérience utilisateur et fragilise l’engagement.
Le même rapport souligne que 64 % des responsables formation manquent de visibilité sur l’impact réel des dispositifs, faute d’un système centralisé capable d’agréger les données. Or, sans données fiables, il est impossible de proposer des parcours personnalisés, de recommander les bons contenus ou d’adapter les modalités aux besoins réels, autant de leviers identifiés comme déterminants de l’engagement.
La progression des usages in the flow of work confirme l’importance de l’intégration. Les contenus diffusés dans les outils métier, les messageries collaboratives ou les environnements applicatifs sont davantage consommés, car ils réduisent les frictions et s’insèrent dans les routines. Cette logique est cohérente avec le constat d’Edflex : les apprenants privilégient les catalogues externes lorsqu’ils sont accessibles sans rupture de parcours, directement depuis l’outil principal de formation.
Pour Frédéric Hébert, la clé est claire :
« Plus la formation est intégrée aux outils que les collaborateurs utilisent déjà, plus elle devient naturelle, utile et ».
Un LMS connecté au SIRH, aux outils collaboratifs et aux référentiels de compétences permet de réduire la dispersion, de simplifier l’accès à la formation et de proposer des recommandations pertinentes, trois facteurs qui soutiennent directement l’engagement apprenant.
Conclusion : la formation professionnelle, un enjeu clé pour les entreprises
Le marché de la formation professionnelle en France entre dans une nouvelle phase : plus rapide, plus complexe, mais aussi plus exigeante. Les compétences se périment vite, l’IA redistribue les rôles, les collaborateurs attendent des parcours utiles et intégrés et les dirigeants réclament une formation capable d’accompagner, voire d’anticiper ces transformations.
Mais l’un des signaux les plus forts du Baromètre de la formation Rise Up 2025 vient des contraintes budgétaires. Alors que les enjeux n’ont jamais été aussi stratégiques, 32 % des dirigeants déclarent encore douter du ROI des actions de formation, et seuls 30 % approuvent la majorité des initiatives qui leur sont proposées. Autrement dit, la formation doit désormais faire la démonstration de sa contribution directe à la performance.
C’est dans ce contexte que le time-to-skill s’impose : un indicateur clair, lisible par les Comex et capable d’aligner ambitions business et stratégies learning. Pour suivre le rythme des transformations, les organisations devront prioriser : choisir les compétences critiques, fluidifier l’expérience apprenant via un LMS intégré, capitaliser sur l’IA pour accélérer la production et la personnalisation, et renforcer l’articulation entre soft skills et compétences techniques.
L’année 2026 s’ouvre avec un impératif : faire mieux, avec des ressources sous tension. Les organisations capables de piloter leurs investissements learning avec précision seront celles qui transformeront réellement la formation en levier de performance durable.
FAQ - Enjeux de la formation professionnelle en 2025
Quelles sont les grandes tendances du marché de la formation professionnelle en 2025 ?
Les baromètres 2025 convergent sur cinq tendances : la montée en puissance de l’IA, la pression sur les compétences, la progression de la formation continue, l’importance croissante des soft skills et l’exigence d’intégration des LMS dans les outils du travail. Le marché de la formation professionnelle en France évolue vers des dispositifs plus courts, plus ciblés et plus connectés aux usages opérationnels.
Pourquoi les soft skills deviennent-elles prioritaires en 2025 ?
Les compétences comportementales (adaptabilité, communication, résolution de problèmes, pensée critique) deviennent essentielles pour naviguer dans des environnements instables et absorber les impacts de l’IA. Elles complètent les compétences techniques et constituent désormais le socle de la performance collective.
Comment l’IA transforme-t-elle le marché de la formation professionnelle ?
Le baromètre Rise Up montrent une adoption rapide : l’IA accélère la création de contenus, automatise des tâches L&D, cartographie les compétences et améliore le ciblage des parcours. L’IA ne remplace pas les équipes formation, mais elle leur permet de gagner du temps, d’augmenter la précision pédagogique et de passer d’une formation planifiée à une formation pilotée par les besoins réels.
Qu’est-ce que le time-to-skill et pourquoi devient-il central ?
Le time-to-skill mesure le temps nécessaire pour rendre une compétence opérationnelle. Dans un contexte où les collaborateurs ne disposent que de 25 minutes par semaine pour se former, ce KPI devient indispensable. Il relie directement la formation à la performance opérationnelle et constitue un indicateur lisible pour les Comex, contrairement aux métriques traditionnelles (heures formées, taux de complétion).
Pourquoi l’adaptive learning progresse-t-il autant en 2025 ?
Parce qu’il répond directement au manque de temps, à l’hétérogénéité des niveaux et à la rapidité des transformations. Le Baromètre Rise Up 2025 montre que 59 % des organisations ont déjà amorcé son déploiement et que 95 % des responsables formation constatent un impact positif. Il permet d’ajuster les parcours en fonction de chaque apprenant et de réduire le time-to-skill jusqu’à 37 %.
Pourquoi l’intégration du LMS devient-elle indispensable ?
Selon Rise Up, les responsables formation utilisent en moyenne 7 outils pour gérer la formation, ce qui disperse les usages et fragilise l’engagement. Un LMS intégré au SIRH, aux outils collaboratifs et aux catalogues externes permet de simplifier l’expérience, d’exploiter les données, de personnaliser les parcours et de soutenir le learning in the flow of work.
Comment le marché de la formation professionnelle évoluera-t-il en 2026 ?
2026 sera marqué par l’extension des usages IA, l’adoption croissante du time-to-skill comme indicateur de pilotage, la consolidation des soft skills dans les référentiels compétences et l’exigence d’intégration des LMS. Le marché se dirige vers des dispositifs plus personnalisés, plus intégrés et plus orientés performance.